Hélios ayant récidivé son othématome, on se refuse de continuer à lui donner des corticoïdes qu'il supporte de moins en moins, et nous ne voulons pas l'opérer. En cherchant, nous avons trouvé une nouvelle solution que nous testons chez un vétérinaire, à l'autre bout du canton, qui poursuit une étude aprofondie sur le traitement à l'aide des sangsues.
-La première publication scientifique concernant l'utilisation des sangsues en médecine vétérinaire est parue en 2001, signée par le vétérinaire israélien Sagiv Ben Yakir.
-dans le cadre de ses activités d'enseignement des médecines complémentaires au Tierspital de Berne, Olivier Glardon (le vétérinaire chez qui nous allons) dispense un cours sur l'utilisation des sangsues. Une pratique qui est aujourd'hui en pleine évolution.
- Le traitement demande trois séances au cours desquelles sont utilisées en moyenne deux sangsues.»

Au cours de l'intervention, les sangsues se nourrissent du sang de l'hématome. Elles sont posées sur l'oreille du chien traité et se fixent spontanément à l'aide de leur pied qui fait office de ventouse. Puis elles mordent l'hématome et en boivent le sang.

elle s'accroche immédiatement...

Le vétérinaire a décidé de mettre deux sangsues...

...elles pompent...on les voir grossir à vue d'oeil


Lorsqu'elles sont repues, au bout d'une vingtaine de minutes, elles se détachent d'elles-mêmes.

La deuxième est bientôt pleine!!

Dans les heures qui suivent, on constate une baisse de la douleur. Et ce même si l'hématome ne diminue pas forcément tout de suite. Le traitement est presque indolore pour l'animal soigné qui ressent comme une piqûre d'insecte. Les sangsues ne peuvent être utilisées qu'une seule fois. Après, elles sont éliminées selon des normes vétérinaires strictes.
reste à faire un pansement compressif...

Précieuse salive
Contrairement à ce que pensaient les premiers utilisateurs du procédé, les effets salutaires attribués aux sangsues ne proviennent pas uniquement du fait qu'elles aspirent le sang. Les recherches ont démontré qu'elles injectent des substances dans la partie malade lors de l'extraction du sang. Une quarantaine de ces substances contenues dans leur salive ont déjà été identifiées. Leurs propriétés sont notamment anti-inflammatoires, antibiotiques et anticoagulantes.
Aujourd'hui, les études sur le sujet n'en sont encore qu'à leurs débuts. «Nous devons déterminer les effets de toutes ces substances, explique Olivier Glardon. Pour cela, il faut analyser lesquelles se retrouvent dans le sang de l'animal traité lors de la morsure. Les chercheurs étudient de nouveaux développements pour d'autres maladies, notamment dans la lutte contre les thromboses et l'anticoagulation.»
Les glandes salivaires des sangsues contiennent une forte quantité d'hirudine, puissant anticoagulant. Cette substance a été synthétisée et transformée en médicament utilisé depuis longtemps en médecine humaine. Dans le domaine de la médecine vétérinaire, tous les bienfaits de la sangsue ne sont pas encore maîtrisés. Les études scientifiques se poursuivent. «Aujourd'hui, les études tendent à mesurer les effets de la morsure de la sangsue. Elle pourrait être utilisée dans le traitement de bien d'autres maladies, dans le futur.» Les spécialistes le savent: les sangsues n'ont pas encore livré tous leurs secrets.




















